Qui suis-je?

Qui suis-je?
J'éviterai de me "définir" comme c'est souvent la coutume en introduction à la plupart des blogs.
J'y ai lu trop d'inepties; des pseudo-poètes dont la prose n'éveille jamais la moindre émotion, des intellectuels dont la pensée illustre avec talent la notion de vacuité et bien pire...
Non la subjectivité est de mise et je vous épargnerai donc ce type de descriptions douteuses. Ma méthode sera plus...analytique.

Le problème de l'identité se pose en premier:
Pour exister une chose doit elle rester exactement ce qu'elle est? Et si oui comment se représenter le devenir? Le mouvement?...
J'arrêterai là pour les dizaines de questions que soulève ce "problème"et tenterais de répondre de manière simple avec un exemple évident.
Un fleuve garde son identité et est pourtant toujours en mouvement. On dit que l'on ne se baigne jamais dans le même fleuve, dans la même eau...
Les eaux du fleuve ne cessent de s'enfuir mais l'immobilité des rives nous fournit quand même une certaine stabilité. Car si tout disparaissait dans un flux incessant, nous ne pourrions plus rien fixer (a la mesure de toute choses) car il y aurait là substitution de la réalité et non un changement.

Plus simplement pour que quelque chose change, il faut que quelque chose ne change pas.
L'homme change jour après jour ce qui signifie qu'il est ce qu'il n'était pas et qu'il n'est plus ce qu'il était. Son identité s'est maintenue à travers la suppression de son identité mais tout en gardant certaines caractéristiques propres. Le présent nous échappe autant que la définition de nous même...

Je n'approfondirai pas pour éviter de lasser les profanes mais ce que je peux vous dire avec certitude c'est que je suis...compliqué!
Et peut-être même une erreur comme j'aime à la penser, à moins que ce ne soit la nature elle même qui le soit. Entre elle et moi... mieux vaut que ce soit moi.

# Posté le dimanche 13 juillet 2008 13:13

Modifié le samedi 21 mars 2009 09:53

être ou ne pas être? J'ai choisi à court terme. Et l'estime de soi?

être ou ne pas être? J'ai choisi à court terme. Et l'estime de soi?
Aujourd'hui, j'ai vu une amie avec qui j'ai beaucoup parlé.
Et sa grande question du jour se résumait devant son incomprehension face au fait que malgré tous mes problèmes, et malgré le fait que je les dépasse, travaille, veuille ai repris mes études et bien des choses trop personnelles pour figurer ici; mon estime de moi était tout aussi médiocre qu'auparavant. Ma réponse fut celle ci:
(Ma récitaion fût certes plus hésitante et laborieuse mais elle eut son effêt et j'étais débarassé de devoir justifier un sentiment aussi étrange)



-Être ou ne pas être, c'est là la question.
Y a-t-il plus de noblesse d'âme à subir
La fronde et les flèches de la fortune outrageante,
Ou bien à s'armer contre une mer de douleurs
Et à l'arrêter par une révolte? Mourir... dormir,
Rien de plus;... et dire que par ce sommeil nous mettons fin
Aux maux du coeur et aux mille tortures naturelles
Qui sont le legs de la chair: c'est là un dénouement
Qu'on doit souhaiter avec ferveur. Mourir... dormir,
Dormir ! peut-être rêver! Oui, là est l'embarras.
Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort,
Quand nous sommes débarrassés de l'étreinte de cette vie ?
Voilà qui doit nous arrêter. C'est cette réflexion-là
Qui nous vaut la calamité d'une si longue existence.
Qui, en effet,voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde,
L'injure de l'oppresseur, l'humiliation de la pauvreté,
Les angoisses de l'amour méprisé, les lenteurs de la loi,
L'insolence du pouvoir, et les rebuffades
Que le mérite résigné reçoit d'hommes indignes,
S'il pouvait en être quitte avec un simple poinçon?

Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner
Et suer sous une vie accablante,
Si la crainte de quelque chose après la mort,
De cette région inexplorée,
D'où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté,
Et ne nous faisait supporter les maux que nous avons
Par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas?
Ainsi, la conscience fait de nous tous des lâches;
Ainsi les couleurs natives de la résolution
Blêmissent sous les pâles reflets de la pensée; Ainsi les entreprises les plus énergiques
Et les plus importantes se détournent de leur cours, à cette idée,
Et perdent le nom d'action... Doucement, maintenant !

William Shakespeare: Hamlet, Acte III, scène I
Tragédie écrite en 1600

Si j'ai tenu à raconter cette partie de ma journée c'est avant tout pour ce texte magnifique et quand à l'introduction, elle en révele un peu plus sur moi tout en gardant le caractère spontané de l'écriture de ce blog.

# Posté le vendredi 18 juillet 2008 13:11

Modifié le vendredi 09 octobre 2009 13:06

Saez et Baudelaire?




Damien Saez en chantant ce titre qu'il à nommé "ébauche numéro 2" ; à peut-être permis à une jeunesse inculte et ignorante de caresser un instant la beauté d'un poème de Baudelaire(du moins une partie). Et si tel était son but, la pari est réussi. Le choix de "Delphine et hippolyte" colle à l'image de poête provocateur que véhicule Saez (tout comme Baudelaire en son temps mais dans une autre mesure c'est évident). Ce texte qui fut condamné en son temps et qui (dans les fleurs du mal) se trouve au beau milieu des "Epaves" juste après "Lesbos" et sous le titre de "Femmes Damnées" Nous raconte la relation d'amour entre deux femmes; hippolite la jeune et jolie candide convoitée par la plus experimentée Delphine

Voici le texte entier:

À la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur,
Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.

Elle cherchait, d'un oeil troublé par la tempête,
De sa naïveté le ciel déjà lointain,
Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleus dépassés le matin.

De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
L'air brisé, la stupeur, la morne volupté,
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
Tout servait, tout parait sa fragile beauté.

Étendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
Delphine la couvait avec des yeux ardents,
Comme un animal fort qui surveille une proie,
Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.

Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle,
Comme pour recueillir un doux remercîment.

Elle cherchait dans l'oeil de sa pâle victime
Le cantique muet que chante le plaisir,
Et cette gratitude infinie et sublime
Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.

- "Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir?

"Mes baisers sont légers comme ces éphémères
Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
Comme des chariots ou des socs déchirants;

"Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
De chevaux et de boeufs aux sabots sans pitié...
Hippolyte, ô ma soeur! tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon coeur, mon tout et ma moitié,

"Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles!
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles
Et je t'endormirai dans un rêve sans fin!"

Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête:
- "Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
Comme après un nocturne et terrible repas.

"Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.

"Avons-nous donc commis une action étrange?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi:
Je frissonne de peur quand tu me dis: 'Mon ange!'
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

"Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée!
Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection,
Quand même tu serais une embûche dressée
Et le commencement de ma perdition!"

Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L'oeil fatal, répondit d'une voix despotique:
- "Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer?

"Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté!

"Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
À ce rouge soleil que l'on nomme l'amour!

"Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide;
Cours offrir un coeur vierge à ses cruels baisers;
Et, pleine de remords et d'horreur, et livide,
Tu me rapporteras tes seins stigmatisés...

"On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître!"
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain: "Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant; cet abîme est mon coeur!

"Brûlant comme un volcan, profond comme le vide!
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.

"Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos!
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux!"

- Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l'enfer éternel!
Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes,
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,

Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage.
Ombres folles, courez au but de vos désirs;
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.

Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.

L'âpre stérilité de votre jouissance
Altère votre soif et roidit votre peau,
Et le vent furibond de la concupiscence
Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau.

Loin des peuples vivants, errantes, condamnées,
À travers les déserts courez comme les loups;
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l'infini que vous portez en vous! "

Charles Baudelaire

11]

# Posté le samedi 19 juillet 2008 10:41

Modifié le dimanche 20 juillet 2008 06:07

Fête nationale!


En ce jour de commémoration, il est toujours important de se souvenir pour ne pas oublier!
Et à cet effet, j'ai mis à disposition une vidéo dont le texte (Renaud Séchan) me semble d'actualité.

# Posté le lundi 21 juillet 2008 08:21

Modifié le samedi 24 octobre 2009 14:16

Manu rentre chez toi, y'a des larmes plein ta bière...



Depuis toujours cette chanson m'a suivi et en 27 ans de vie et je suis toujours le mec que décrit cette chanson ou du moins on l'est tous un peu parfois dans sa vie.
Manuel était le 2ème prénom de Renaud et c'est seul sur un comptoir à pleurer sa femme perdue dans les bras d'un autre et à noyer son chagrin dans la bière qu'il a écrit cette chanson.
J'ai eu la chance de retrouver une vidéo très ancienne et rare de Renaud l'interprètant alors...Pourquoi s'en priver?

"J'croyais qu'un mec en cuir,
Ca pouvait pas chialer.
J'pensais même que souffrir,
Ca pouvait pas t'arriver.
J'oubliais qu'tes tatouages,
Et ta lame de couteau,
C'est surtout un blindage,
Pour ton coeur d'artichaud.
Mais déconne pas Manu,
Va pas t'tailler les veines,
Une gonzesse de perdue,
C'est 10 copains qui r'viennent!

# Posté le mardi 22 juillet 2008 06:08

Modifié le lundi 23 février 2009 04:42